ISMO

Institut des Sciences Moléculaires d'Orsay


Partenaires

CNRS UPS




dimanche 3 mars


Mise à jour
mercredi 28 février


Accueil > À la une > Une fenêtre s’ouvre sur la matière organique macromoléculaire dans les échantillons de l’astéroïde (162173) Ryugu

Une fenêtre s’ouvre sur la matière organique macromoléculaire dans les échantillons de l’astéroïde (162173) Ryugu

par Martrenchard-Barra Séverine - 24 février 2023 (modifié le 28 février 2023)

Des échantillons de l’astéroïde carboné (162173) Ryugu ont été collectés et ramenés sur Terre par la sonde Hayabusa2. Une série d’articles parait dans la revue Science dont un article mené par H. Yabuta impliquant une équipe internationale qui a étudié de près la matière organique macromoléculaire au sein d’échantillons de Ryugu. Cette équipe comprend des scientifiques du CNRS, dont l’ISMO, l’ICP, l’IJCLab de l’Université Paris Saclay, du MNHN, de Sorbonne Université et qui ont bénéficié du support du CNES. Les caractéristiques spectroscopiques de la matière organique sont cohérentes avec celles des météorites chondrites carbonées chimiquement primitives qui ont subi une altération aqueuse du corps parent (réactions avec de l’eau liquide). La morphologie et distribution du carbone organique comprend des nanoglobules ainsi qu’une matière organique plus diffuse associée à des phyllosilicates et des minéraux carbonatés. Les enrichissements en deutérium et/ou en azote-15 indiquent que la matière organique s’est formée dans un nuage moléculaire froid ou dans la nébuleuse pré-solaire. La diversité de la matière organique indique des niveaux variables d’altération aqueuse sur le corps parent de Ryugu.

Voir le communiqué de presse de la Japan Aerospace eXploration Agency

JPEG - 101.9 kio
Images composites AFM-IR (Atomic Force Microscope - InfraRed) et synchrotron provenant de l’analyse de grains de l’asteroïde Ryugu (voir l’article de Science pour plus de détails) et représentant différents groupements chimiques identifiés, codés dans différentes couleurs (C=O (1720 cm−1,5.81 μm, ; rouge), C=C (1600 cm−1, 6.25 μm, ; bleu), et Si-O (1020 cm−1, 9.80 μm, ; vert)).

Analyses complémentaires : la composition chimique de l’astéroïde carboné Ryugu déterminée par spectroscopie au synchrotron dans l’infrarouge moyen à lointain, à partir des échantillons retournés par la mission Hayabusa2

Des cartes hyper-spectrales dans l’infrarouge (IR) de grains entiers de l’astéroïde Ryugu ont été mesurées à la plus haute résolution spatiale réalisable avec un synchrotron dans l’infrarouge moyen (MIR). Des spectres globaux supplémentaires dans l’infrarouge lointain (FIR) de chaque échantillon ont également été acquis. Ces cartes hyper-spectrales révèlent la variabilité des groupes fonctionnels à petite échelle et l’association intime des phyllosilicates avec les composants aliphatiques de la matière organique présente dans Ryugu. La proportion relative des densités de colonne des groupes fonctionnels IR identifiés (aliphatiques, hydroxyle + eau inter-couche et/ou physisorbée, carbonyle, carbonates et silicates) donnant accès à la composition des échantillons de Ryugu est estimée à partir de ces cartes hyper-spectrales IR. Les caractéristiques minéralogiques et organiques des échantillons de Ryugu présentent des similitudes avec celles des chondrites CI, bien que le rapport CH2/CH3 soit sensiblement plus élevé dans Ryugu que celui généralement mesuré dans les chondrites C1 collectées sur Terre, et peut-être une teneur en carbonate plus élevée.
Ces résultats font l’objet d’une publication dans Astronomy&Astrophysics

JPEG - 101.5 kio
Cartographie infrarouge par spectro-imagerie synchrotron et AFM-IR d’un grain de l’astéroïde Ryugu